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Le Plan d’Aménagement et de Développement Durable

Le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) est le projet politique des élus pour le territoire à l’horizon 2030. Ce document est la clé de voûte du Schéma de Cohérence Territorial ( SCOT) qui précise les choix de développement retenus.

Le PADD présente le projet partagé par les collectivités pour l’aménagement, le développement économique et social et la protection de l’environnement de leur territoire. C’est un document stratégique, de portée générale, qui exprime des objectifs de l’action publique en matière d’aménagement et de développement, et qui expose la méthode utilisée pour fixer ces objectifs.

La mise en oeuvre de ce projet est ensuite formalisée dans le DOG qui décline les orientations thématiques à prendre en compte au sein des PLU du territoire.

L’affirmation de la Flandre Intérieure comme stratégie pour le territoire

1- Les risques, les opportunités et les enjeux de l’évolution du territoire

La Flandre Intérieure est un territoire attractif sur le plan démographique, à l’échelle de la région Nord-Pas-de-Calais. Ses atouts sont liés au cadre de vie et à l’environnement, mis en valeur dans les espaces urbains et ruraux depuis longtemps. L’offre foncière est également avantageuse pour les lillois.

Sept enjeux principaux sont soulignés :

-  Modes de développement : Le mode de développement actuel n’est soutenable à long terme que si la croissance résidentielle est suffisamment maîtrisée pour qu’elle n’obère pas le cadre de vie préservé et si l’on réduit le déséquilibre emploi/habitat.

-  Gestion de l’espace : Les besoins résidentiels liés au simple maintien de la population sont importants ; il faut leur ajouter ceux liés au développement économique et ceux permettant éventuellement une augmentation de la population. = nécessité de réfléchir sur des formes urbaines moins consommatrices d’espace.

-  Équilibre du territoire : Si globalement les équipements sont répartis de façon équilibrée, le développement résidentiel et économique n’a pas été homogène et certains secteurs (nord du territoire, vallée de la Lys) présentent des difficultés spécifiques qu’un projet de développement devra prendre en compte pour autoriser une croissance harmonieuse de l’ensemble du territoire.

-  Économie des flux : Dans un contexte ou la métropolisation de la zone centrale de la Région existe à long terme et fait peser un risque sur les conditions de développement de la Flandre Intérieure, les infrastructures – notamment routières – et les réseaux de transport collectifs constituent un obstacle au développement de certains secteurs (Vallée de la Lys)

-  Liberté de choix : Celle-ci est liée au niveau de revenu des habitants, c’est-à-dire à leur possibilité d’accéder aux aménités du territoire. De ce point de vue, la situation est favorable en Flandre Intérieure, le seul « point noir » étant constitué par un emploi souvent exercé en dehors du territoire. Il existe un risque sociétal dans l’augmentation des déplacements pendulaires.

-  Qualité du cadre de vie : Celle-ci est l’atout principal du territoire. Son maintien à long terme suppose une attention soutenue au respect des équilibres, notamment dans les domaines de l’environnement et de la qualité des urbanisations, surtout dans la perspective d’un développement soutenu sur les plans résidentiels et économiques.

-  Prévention des risques : Le territoire connait des risques industriels, naturels et sociaux. Un projet de développement raisonné doit retenir la stratégie la plus robuste, c’est-à-dire celle qui serait capable de résister à la survenance de difficultés nouvelles dans un contexte de forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Quatre scénarios ont été établis :
- scénario « au fil de l’eau » : poursuite des tendances antérieures, caractère non durable
- scénario tout résidentiel : renforcement du caractère résidentiel, fragilisation du pôle d’emploi, vieillissement de la population
- scénario de métropolisation : intégration économique à la métropole lilloise, évolution comme banlieue résidentielle, forte pression sur l’environnement
- scénario réseau de villes et d’espaces verts : développement des activités économiques et des activités résidentielles, préservation des espaces emblématiques mais urbanisation forte

2- Une croissance équilibrée

Un scénario plus équilibré a été choisi :
- croissance volontariste mais maitrisée de la population : 140 à 145.000 habitants en 2030 ( + 15 à 19% par rapport à 2005) ;
- croissance des emplois permettant une réduction de la dépendance économique avec les territoires voisins et tendant vers un taux d’emploi de 90% ;
- croissance équilibrée entre les différents secteurs du territoire, dans la perspective d’une répartition harmonieuse des différentes activités et des différents espaces.

3- Une stratégie de renforcement des dynamiques positives

Le rôle du SCOT

La question du développement en Flandre Intérieure est liée à ;
-  la valorisation des atouts naturels et urbains
-  au renforcement de l’identité du territoire =ceci pose la question de l’organisation des espaces du territoire et des collectivités qui les gouvernent. Dans ce cadre, la stratégie du PADD vise d’abord au renforcement des dynamiques existantes. Le développement de ces dynamiques doit être envisagé dans une optique offensive.

« La stratégie envisagée est donc double : elle traite du développement économique comme conséquence d’une spécificité résidentielle marquée et dynamique, et dont les effets dépassent la seule sphère de l’économie résidentielle ; elle traite ensuite des ressources, parmi lesquelles il faut compter les ressources environnementales du territoire qui conditionnent son cadre de vie. »

L’affirmation de la Flandre Intérieure : relation avec l’extérieur, attractivité et modernité…

Cette affirmation suppose d’abord une meilleure insertion dans l’ensemble régional. Il convient d’assumer la situation géographique entre Lille et Dunkerque, d’assumer l’intégration économique et sociale dans le système urbain du Nord-Pas-de-Calais, tout en valorisant les potentiels de croissance du territoire qui prennent appui sur son attractivité résidentielle.

Une politique d’ouverture est nécessaire : coopération transfrontalière avec la Belgique (liaisons routières, commerce, tourisme). Cette affirmation prend appui sur le potentiel économique du territoire, en liaison avec les pôles extérieurs, ainsi que ses atouts naturels et urbains.

Un mode de développement du territoire basé sur un triple objectif

1- Un territoire attractif et ambitieux

Un objectif de croissance globale Le projet est celui d’une capitalisation des tendances à l’œuvre. Ceci implique une croissance des emplois sur le territoire de l’ordre de 12 à 13.000 emplois à l’horizon 2030 > réduction de la dépendance économique avec l’extérieur et volonté d’atteindre un taux d’emploi de 90%. L’objectif à long terme est de faire de la Flandre Intérieure un pôle d’emploi ; il s’agit d’ajouter à une dynamique résidentielle marquée et à une présence industrielle forte, un développement économique porteur d’avenir.

Un mode de développement adapté à la réalité et aux ambitions du territoire L’attractivité et la bonne santé économique du territoire reposent sur la qualité de son cadre de vie. Les potentiels économiques et résidentiels reposent donc sur les mêmes atouts. Des effets précis de la capitalisation des dynamiques résidentielles sont attendus :
-  limitation puis réduction de la fréquence et de la longueur des déplacements domicile-travail
-  organisation interne équilibrée du territoire

Un développement économique réparti de façon cohérente sur tout le territoire 3 axes principaux émergent :
- un réseau et un tissu urbain à valoriser (potentialités pour le développement du secteur tertiaire).Mise en place d’une politique de développement des activités tertiaires de nature à conforter l’attractivité résidentielle et économique. Densification des activités de service aux entreprises et aux particuliers.
- des pôles économiques à développer ; armature économique à articuler autour d’une typologie des sites économiques : les sites à très forte accessibilité (axes autoroutiers) et les sites à vocation industrielle, mais possédant un potentiel de RD important, le pôle d’Hazebrouck (développement commercial et développement d’un parc technologique(
- des pôles économiques à conforter : par le développement mesuré des parcs d’activités, par le développement de zones artisanales, par une requalification des zones commerciales existantes.

La poursuite des dynamiques résidentielle Optique d’attractivité maintenue à long terme : préservation du cadre de vie et développement économique qualitatif
-  les objectifs d’un habitat de qualité pour permettre l’accueil de nouvelles populations et le desserrement résidentiel. 15 000 résidences principales supplémentaires d’ici à 2030 / 850 ha à consacrer à l’urbanisation nouvelle.
-  allier renforcement des pôles de centralité, utilisation du mode de construction traditionnel flamand et promotion de la modernité
-  la mixité des formes urbaines doit avoir comme corollaire la mixité résidentielle afin de répondre aux besoins nouveaux. Le principe du développement de l’habitat doit être fondé sur la nécessiter d’articuler développement résidentiel et emploi.
-  un nouveau mode de production des logements : opérations d’aménagement d’ensemble au niveau communautaire, au travers d’une maitrise foncière

Une offre globale de transports qui traduit les objectifs de développement économiques et de l’habitat L’objectif principal est d’assurer une bonne correspondance entre pôles d’emploi et pôles résidentiels. Cinq axes stratégiques sont cruciaux pour le développement de la Flandre Intérieure :
-  axe Lille/Dunkerque via Armentières, Bailleul et Steenvoorde
-  axe Lille/Bailleul/Hazebrouck/Saint-Omer
-  axe Béthune/Armentières/Lille
-  axe Bétune/Merville/Hazebrouck/Steenvoorde/Ppoperinghe/Ypres
-  liaison Merville/vallée de la Lys/Bailleul

Quatre questions cruciales sont posées pour l’évolution prévisionnelle des trafics routiers et autoroutiers :
-  le développement du réseau des transports collectifs, en particulier entre les pôles urbains du territoire et dans une perspective d’intermodalité.
-  Le développement du service TER
-  Le développement du trafic sur la Lys
-  Le développement des modes de transport doux

2- L’identité et la mise en scène du territoire.

Labelliser l’identité de la Flandre Intérieure Développer l’image d’un territoire aux patrimoines naturel et urbain de très grande qualité. L’affirmation économique et résidentielle doit contribuer au renforcement de cette image et de cette identité, qui doivent cependant être mises en scène

La mise en scène du patrimoine naturel : afin de renforcer l’identité et l’attractivité du territoire, sur la base des dimensions écologique et paysagère et des éléments du patrimoine culturel local.

Les espaces remarquables : le cœur de ces espaces constituent des éléments à protéger (Monts de Flandre, Vallée de la Lys). Certains secteurs le sont déjà ou la protection pourra être précisée dans le DOG

Les franges : doivent être conçus comme des espaces de transitions vers les cœurs et faire l’objet de prescriptions adaptées pour faciliter la valorisation économique et touristique. Mise en œuvre d’un principe de respect de co-visibilité de ces zones.

Les abords : développement économique et résidentiel, mais aussi touristique est une priorité.

Le cadre d’un développement touristique maîtrisé : le potentiel touristique bénéficiera de cette mise en scène du territoire, dans l’objectif de limiter l’aspect excursionniste, ce qui implique de développer les infrastructures L’organisation touristique visera une meilleure répartition au sein du territoire et cherchera à coopérer avec les collectivités belges.

Le traitement des friches industrielles Notamment dans la vallée de la Lys : requalification des bâtiments, passant par des opérations-témoin visant à accueillir des activités économiques et de services.

Un équilibre favorable à l’agriculture, entre zones agricoles, naturelles et urbaines. La mise en place d’une politique de préservation des activités agricoles suppose une identification des zones agricoles stratégiques à préserver, l’objectif étant la limitation des effets de l’urbanisation. Il conviendra d’identifier les paysages présentant une certaine typicité, de même que les bâtiments anciens de qualité pour lesquels la transformation d’usage ou une extension mesurée pourra être autorisée, sous réserve de la viabilité des exploitations. Le SCOT entend :
-  promouvoir la diversification et la qualité
-  développer les activités touristiques en liaison avec l’agriculture
-  encourager la vente directe
-  assurer la promotion et le développement des filières de qualité.

Relever le défi d’un aménagent de qualité. Il s’agit de créer un « équilibre dynamique », ce qui passe par une bonne insertion paysagère et la maîtrise foncière des nouvelles urbanisations : nouveaux parcs d’activités, nouveaux quartiers résidentiels.

Un niveau élevé d’intégration environnementale. La question essentielle est celle de l’articulation entre : les développements urbains, les aménagements, les infrastructures mais aussi les fonctionnalités et les actions de valorisation de l’environnement. Les questions liées à la gestion de l’eau sont stratégiques dans la structuration générale du territoire. Importance de la conservation de cônes de vue, des coupures d’urbanisation. Le SCOT déterminera les modalités précises permettant de
-  prendre en compte les risques naturels et industriels
-  réduire la dépendance en eau
-  résorber les décharges sauvages

3- Un territoire maîtrisé

Renforcer le rôle des centralités du territoire. Triple optique :
-  participer au développement économique du territoire en développant leurs fonctions spécifiquement urbaines de pôles structurants ;
-  accueillir une part significative de l’urbanisation nouvelle ;
-  représenter le territoire du point de vue culturel et patrimonial ces fonctions urbaines conduisent à des prescriptions fortes concernant la qualité des urbanisations, des entrées de ville, de l’organisation des stationnements de la mise en valeur du patrimoine bâti.

Le maillage des villes et des bourgs. Au-delà des axes de transports, la question centrale est celle d’une coopération entre les villes et les bourgs. « De ce point de vue, il faut constater que les objectifs du SCOT supposent un progrès de la coopération enter collectivités, une avancée des mécanismes de solidarité, sous des formes à déterminer et qui, d’ailleurs, ne sont pas du domaine de compétence du SCOT ».

Traduire le plan de développement en termes de services et d’équipements. L’accompagnement des développements résidentiels et économiques prévus est une nécessité. Dans ce contexte, il convient de créer un environnement favorable au développement des activités de services aux entreprises et aux personnes, cela passe par :
-  le développement des équipements de formation (notamment les BTS)
-  le développement des aides à la personne ainsi que les équipements culturels, sportifs et de loisirs.