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Le Pays du Cœur de Flandre avec près de 125 000 habitants peut-être considéré comme un pays « important » dans le panorama des territoires organisés en pays en France. Mais, dans un contexte régional où la densité de population est particulièrement forte de part et d’autre de la frontière, on constate que son poids démographique est à relativiser, notamment au regard de la proximité des agglomérations dunkerquoise et lilloise.
Le Pays Cœur de Flandre représente :
Le pays équivaut à :

La zone d’emploi Flandre-Lys s’est longtemps démarquée au niveau régional pour sa forte croissance de population. Elle est dans le peloton de tête des zones d’emploi en matière de dynamisme démographique ; le taux d’évolution annuel de population (+0,29%) est supérieur aux taux de l’ensemble des zones d’emploi régionales (+0,08%).
Mais les dernières données légales de population confirment un certain tassement de ce dynamisme (+0,29% en 2006 contre +0,42% en 1999). Il est à noter que ce léger tassement de la croissance démographique est apparu depuis 1990. En effet, le pays a connu une croissance forte de population entre 82 et 90 (+7391 habitants), bien que cette croissance se poursuive entre 1990 et 1999, celle-ci est moins prononcée (+4663 habitants).
Ce gain de population provient surtout de l’excédent des naissances sur les décès mais le tassement s’explique d’un part par la baisse constante du solde naissance/décès et d’autre part, par un renversement du solde migratoire. En effet, jusqu’au dernier recensement de 1999 on constatait un excédent apparent des entrées sur les sorties (+0,03%). On pouvait observer qu’il s’agissait de la seule zone d’emploi dans ce cas en région Nord Pas-de-Calais et cela confirmait le caractère attractif de la zone. En 2006, le solde migratoire est légèrement négatif : -0,07%.
La densité de population confirme le caractère attractif du Pays Cœur de Flandre, la densité de celui-ci s’est accrue depuis 1975 de près de 14,5%, dans le même temps l’ensemble de la région a connu une croissance de densité d’environ 2%.
Ces indicateurs sont à mettre en perspective avec le vieillissement progressif de la population en Flandre Intérieure. Toutefois il faut pondérer ce phénomène au regard du constat général du vieillissement de la population française. De plus, il faut souligner que la région Nord Pas-de-Calais présente la population la plus jeune du territoire national.
Vaste étendue soumise aux éléments, la terre de Flandre est un territoire sorti des eaux, cultivé et ardemment défendu des assaillants qui, à toutes les époques, la convoitèrent. Réputée pour sa platitude apparente, la Flandre révèle mille et une variations à qui sait les observer.
D’un point de vue géologique, le territoire est conditionné par des terrains tertiaires argilo-sableux de l’Eocène inférieur (il s’agit de l’Yprésien constitué d’argiles des Flandres et de sables de Mons en Pévèle). Au niveau des Monts de Flandres, les terrains datent du Bartonien et du Lutécien et sont constitués des sables des Monts de Flandres couronnés de calottes gréseuses épargnées par l’érosion.
Ainsi, le relief s’appréhende facilement : un « plateau » argileux sédimentaire surbaissés et jalonné d’une chaîne de petites collines (qui culminent au Monts des Cats à 164m). Puis vers le Nord, une plaine maritime plus récemment découverte par la mer et délimitée par les plissements du plateau intérieur.
Ces formations anciennes se traduisent fortement, dans le paysage, au travers de l’histoire de l’occupation humaine. En effet, malgré un défrichement systématique qui atténua progressivement les différences, Houtland et Blooteland se présentent encore comme les deux visages de la Flandre actuelle.
L’houtland, ou pays du bois, à l’origine un mélange de terre, d’eau et d’arbres, était encore au tiers du siècle dernier recouvert d’un dense bocage dont on retrouve toujours par endroits l’ambiance d’îlots dispersés.
Le Blooteland, ou pays nu, issu d’un assemblage d’îlots dispersés, conquis sur les laisses de mer, reste encore ouvert à l’image de l’immensité des étendues marines.
La plaine de la lys présente une certaine homogénéité. Il s’agit d’un territoire plat, sans élément ponctuel marquant dans le relief. C’est, au niveau de Nieppe/Armentières, que la densité de l’urbanisme nous annonce la périphérie de l’agglomération lilloise que l’on commence par la suite à percevoir (dans le sens Dunkerque-Lille).
Il y a longtemps, la forêt marécageuse occupait toute la plaine ; l’eau y stagnait au gré des crues des rivières et des becques. De ces époques, le paysage a gardé des marques dans ces terres aujourd’hui d’une extrême domesticité. Des réseaux de fossés furent implantés tandis que les habitations s’installaient le long de la Lys.
De part et d’autre de l’épine dorsale que constitue la Lys, axe urbain et de transit important, le territoire prend l’allure d’une nappe constellée de fermes. Tout cela concourt à former un paysage unique : une vaste étendue ponctuée par une multitude d’éléments (fermes, arbres…) d’où la ville ne s’éloigne jamais vraiment.
À cheval sur la frontière, une ligne de reliefs – Mont Kemmel, Mont Rouge, Mont de Boeschèpe, Mont Noir, Mont des Cats, Mont Cassel, Monts des Recollets - témoigne d’une histoire géologique spécifique dans la région.
La chaîne des Monts de Flandre se dresse au sein d’un territoire ondulé où champs de houblon, bois, haies, fermes isolées et village forment une « campagne humanisée ».
Depuis les bas plateaux, ces monts constituent des points de repère importants, les boisements sommitaux ne faisant qu’accroître leur relative altitude. L’espace est structuré par la trame bocagère plus ou moins dense qui accompagne les versants.
C’est en superficie l’entité la plus représentative de la Flandre. Le pays des bois se présente comme un territoire légèrement ondulé, organisé par les fermes isolées et les restes de haies arbustives, parfois brise-vent.
Les boisements qui donnèrent son nom à ce territoire n’existent plus guère. En revanche de grands arbres isolés, en haies ou autour des fermes lui confèrent encore une ambiance quelque peu sylvestre. Les grands champs ouverts dominent cependant les paysages qui offrent donc des profondeurs de vue de plus en plus importantes à mesure que l’on quitte le haut pays pour se rapprocher de la plaine maritime.
Ce Pays est également habité ; les clochers ont une place importante dans le paysage de grande culture, qui viennent enrichir les multiples becques sillonnant la campagne.
Au sein de ces entités paysagères, il existe un certain nombre de points forts, d’éléments structurants.
Ces derniers correspondent bien souvent à des temps particulièrement marqués d’expression de la géographie locale. Rivières et reliefs sont par ailleurs majoritairement perpendiculaires à l’infrastructure autoroutière ce qui explique les sensations de seuils, de passages d’un paysage à l’autre, observées lorsque l’on emprunte notamment l’autoroute.
On peut noter :
La présence de l’infrastructure A25 procure au pays un effet vitrine sur le patrimoine naturel et culturel du territoire. C’est par ce biais, que l’on découvre la Flandre qui est l’un des « terroirs » historiques fondamentaux de l’identité régionale (le Nord pouvant être sommairement décomposé en deux grands ensembles historiques : la Flandre et le Hainaut). La traversée de la Flandre par le cordon autoroutier permet par ailleurs une bonne découverte de certains aspects des paysages flamands.
Les différents éléments décrits ci-après reprennent les points d’accroche dominants des paysages.
Malgré les guerres et les invasions, la Flandre a conservé nombre de témoignages construits de son passé. Dès la fin du 13ème siècle, l’originalité de l’architecture gothique flamande se manifeste dans les édifices communaux, beffrois et hôtels de ville, élevés par les cités qui ont obtenu une charte urbaine garantissant leur indépendance. Symbole de la puissance communale, le beffroi se dresse dans le paysage, tel celui de Bailleul (reconstruit après la 1ère guerre mondiale). C’est d’ailleurs le beffroi et le clocher de l’église St-Vaast qui signent la silhouette urbaine de Bailleul telle que perçue depuis l’extérieur.
Les clochers sont très présents dans le paysage flamand. On peut citer plus particulièrement ceux de Steenwerck, La crèche (hameau de Bailleul), Bailleul, Merris, Flêtre, Eecke, Steenvoorde, Winnezeele, Herzeele.
Les Monts de Flandre sont sans doute – entre Lille et Dunkerque – le secteur portant la plus forte fréquentation touristique et de loisirs. A la recherche de hauteurs où contempler le paysage, les promeneurs viennent nombreux profiter conjointement des patrimoines naturels et culturels existant sur et autour de ces éminences.
Les Monts de Flandre bénéficient par ailleurs d’un important effet de vitrine puisque l’autoroute les traverse et permet leur découverte visuelle. Les plus connus et touristiques de ces points hauts sont le Mont Noir, le Mont des Cats et le Mont Cassel.
Quelques moulins à vent ont été conservés et mis en valeur. Il s’agit de moulins tronconiques en briques ou de moulins sur pivot construis en bois.